Mardi 16 février 2010
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12:13
Il était un héros imaginaire d'un amour romantique transi, à en être pris d'une trouille pas possible, pour une amie – imaginaire elle aussi – qui était
l'héroïne de ses nuits de rêve, où il avait moins peur – bien qu'un peu quand même. Leur histoire avait beau être aussi platonique que possible, les joues du héros se teintaient parfois d'une
rougeur dont on pouvait se demander si elle était coupable, à certaines intonations de la voix de sa dulcinée, ou en croisant son regard un peu trop longtemps. Elle faisait comme si elle était
exaspérée par son mutisme, mais ces moments la faisaient flamboyer de colère : elle pensait se devoir de lui reprocher son manque de perfectionnisme dans le contrôle de ses émotions. En effet, il
sortait plus souvent qu'à l'accoutumée le bâton de sagesse, en bois de cornouiller avec une poignée faite d'un nœud d'arbuste, et il en tapotait alors le sol avec attention, analysant les ondes
de choc dans la poussière. Il était, il est vrai, un peu toqué, mais à quelle identité se faire quand on n'est qu'un héros imaginaire, je vous le demande bien !
De plus, il se prit un jour un rat d'eau que la douce lui envoya dans les valseuses alors qu'il se grattait le bas du dos. Il commençait à revoir sa vocation de
héros, quand elle le releva avec une pique : « Tu ferais mieux de rester poli dans toutes tes gestes : je te revends mon lit si t'es gentil : je me barre avec gros-barré-tordu-du-kiki
! » Et ils se séparèrent.
FIN
Par camille ( le plus petit )
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Samedi 30 janvier 2010
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11:11
Personne n'en doutait, il valait mieux survivre et en transmettre le goût que d'admirer les rats d'égouts. Malgré le dégoût, on se mit à y réfléchir, même si ça ne
donnait pas envie de rire. Les difficultés rencontrées en essayant de penser n'étant pas toujours insurmontables, un peu d'espoir se fit jour : on pouvait encore imaginer des histoires
d'amour...
D'aucuns prirent et firent peur et prétendirent faire leur loi. Les résurgences des excès dus à des politiques haineuses sapaient le moral des troupes et des autres groupes.
On faisait parfois encore sa réputation à coups de délits et méfaits, jusqu'à des escalades sans retour, détruisant sans remords tout amour. On chantait : « Où est l'exemple ? »,
inquiets devant l'absence chronique de repères. Chaque personne devait se démener tant bien que mal avec ce que lui présentait sa conscience comme possibilités d'action.
Il fallait toujours faire acte de présence, et préserver tant que faire se pouvait l'Innocence dans la mesure de nos
possibilités et connaissances. Mais on était parfois tous et toutes victimes de systèmes axés sur des monopoles de violence, peu exemplaires, plutôt inégalitaires et déstabilisants.
La paix n'étant pas qu'un rêve charmant, beaucoup se réveillèrent et devinrent militants, au péril de leurs vies, bien qu'ils y
tinrent peut-être encore plus qu'à la prunelle de leurs yeux. Responsabilité, solidarité, respect, telles étaient leurs « genres de valeurs ». Œuvrant aux rapprochements plus ou moins
silencieusement, avec plus ou moins de bonheur, ils apprirent en tout cas beaucoup à connaître leurs contemporains et concitoyens, et connurent quelques belles agapes.
FIN
Par camille ( le plus petit )
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Dimanche 10 janvier 2010
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15:13
N'est pas héros qui veut ! Notre héros rumine cette pensée, recroquevillé en position accroupie sur le bord du terrain de « sports co » d'en bas de chez lui.
C'est le désert sur le terrain, la plupart des aficionados de ce genre de distractions étant au stade du centre-ville, n'en étant pas, eux, interdits.
Isolé, prenant son mal en patience, l'ancien supporter malpoli commence à réfléchir, ne pouvant plus tuer que le temps. Il observe d'abord des fourmis, écarquillant les yeux sur ses doigts
écartés que picotent les trois paires de pattes de ces insectes. Il les épargnera, cherchant plus fort à faire que de se battre avec cinquante-mille fois plus léger et plus petit que soi, ce qui
est le marqueur d'une évolution positive, pour l'épaisse brute qu'il fut, se rend-il compte.
Il arrête là de réfléchir, et va se coucher, accablé d'une immense fatigue, et dans un lourd sommeil, il rêve de croiser le fer avec des fourmis en shorts écarlates.
FIN
Par camille ( le plus petit )
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Lundi 4 janvier 2010
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08:40
Bien que plutôt démocrate, je me pense encore capable de faire du sport.
Bien que j'espère ne pas être trop phallocrate, je peux affirmer que je veux garder le droit de manger du porc, même si ce n'était pas concevable selon la
« religion de tout le monde », qui préfèrera peut-être comme chefs des tueurs immondes?
Dans le cadre de quels programmes des comportements les plus pacifiques – voire respectueux – que possible seront-ils envisageables comme une généralité?
Qu'est-ce qui, dans cette optique, pourrait nous apaiser et nous rassurer?
Une Paix crédible!? Ce ne serait pas abuser de la souhaiter plutôt que toute fin horrible, et comme base de réflexion, ça ne me paraît pas malsain, bien que je sois
sans doute un « mécréant » qu'on peut accuser de se sentir libre de penser, et que c'est distingué!
On ne revendique pas par des crimes ce qui à l'être politique éclairé reste comme à l'alpiniste la plus inatteignable des cimes :
Vivre en paix et en bonne intelligence, ne pouvant nous affranchir de l'existence des autres, et avec eux de leurs qualités, en en niant l'utilité ou la
respectabilité fondamentale. A cet égard, qui pourrait se permettre de juger, si ce n'est à fortiori quelqu'un d'extérieur aux conflits désignés pour être résorbés par le reste de cette humanité
consciente et pourtant sans cesse en difficulté. Comment s'entendre avec quelqu'un qui n'écoute pas son coeur mais bien son porte-monnaie, et pas ses contemporain(e)s, qu'il ferait volontiers
taire? N'y-a-t'il pas un vecteur d'injustices dans ce type d'attitudes, du type utilisant une « loi » du silence pour couvrir sa « propre » liberté?
Par camille ( le plus petit )
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Lundi 4 janvier 2010
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08:01
Par camille ( le plus petit )
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